A plusieurs reprises dans ma vie, la marche dans la nature,
seule ou accompagnée de mon chien, a été un véritable sauvetage.
Quand les pensées se bousculaient dans ma tête,
quand je ressassais des rancoeurs tellement amères qu'elles me donnaient la nausée,
quand le chagrin m'écrasait une fois de plus, je chaussais un bonne paire de chaussures
et quel que soit le temps, je sortais.
Le froid semblait me purifier, la pluie se mêlait parfois à mes larmes,
le brouillard m'enveloppait et le soleil me réchauffait de l'intérieur...
Sortir, c'était parfois si difficile ... Je dois tant à Rouky, mon fidèle compagnon,
qui littéralement m'emmenait au parc de Grouchy, un endroit magnifique,
aussi souvent qu'il le pouvait.
J'allais deux fois par jour "faire le tour du chien" comme je disais.
Lorsque je quittais mon appartement, il tirait vigoureusement sur sa laisse,
tentant chaque fois de m'attirer vers la gauche afin de conduire mes pas jusqu'au parc.
Lorsque je ne cédais pas, nous ne faisions que le tour du pâté de maisons...
Mais chaque dimanche, c'était la fête pour lui !
Pendant près de cinq ans, il m'accompagnait en randonnée,
et tout le groupe adorait cet animal, même mon ami Pierrot,
qui n'aimait pas particulièrement les chiens, disait de lui :
" Rouky, ce n'est pas pareil ! "
Le chien est vraiment le meilleur ami de l'homme,
et une excellente motivation pour marcher régulièrement,
pour sortir par tous les temps...
Rouky a quitté ce monde au mois de juin 2006 et ma peine a été immense.
J'ai été frappée brusquement par une bien curieuse maladie...
Le SJSR ! Syndrôme de Jambes Sans Repos.
Mes jambes, agitées en permanence, ("comme mon chien" disait mon ami danseur Cri-Cri ! )
ont fini par m'empêcher de dormir et je suis descendue très très bas...
Mais le parc me manquait... J'étais en colère, je voulais être seule pour marcher,
car je marchais si difficilement. Plus question de rando pour moi.
Mes amis randonneurs me manquaient eux aussi.
J'ai pris mon gros bâton de châtaignier, celui que j'avais bien taillé et poli
lorsque j'étais dans les Pyrénées en 2000 et je m'en suis servi comme ...
d' un bâton de vieillesse. J'ai marché ...seule, doucement, en pleurant souvent.
J'ai marché aussi avec ma fille qui m'offrait son bras.
J'étais si fatiguée !
Je ne pouvais pas marcher plus d'un quart d'heure d'affilée sans m'asseoir.
Je crois que j'ai essayé tous les bancs du parc. Qu'importe !
Tout doucement, j'ai retrouvé mes jambes, pas aussi fortes qu'avant bien sûr,
mais je suis de nouveau capable de randonner pendant 3 h 30 à 4 h,
et j'y prends d'autant plus de plaisir !
Et, même si mes jambes sont douloureuses au lever, je passe outre !
Et je marche, je marche ...
Depuis, je marche seule... sans Rouky ... et sans mon bâton,
mais entourée de tellement d'amis...
Quand j'ai besoin de solitude, je vais dans ce parc,
endroit magique et empreint de la trace de ceux que j'aime et qui sont disparus.
Je ne suis pas triste pour autant. Chaque arbre est un souvenir...

16. Jo Le 31/03/2010 à 12:04
13. CHANTAL57 Le 18/11/2009 à 17:46
12. douts Le 04/11/2009 à 07:33
10. Suzanne Le 23/09/2009 à 12:30
9. douts Le 04/09/2009 à 11:31
7. amelia651 de confi amitié universelle Le 19/07/2009 à 07:58
6. Soph' Le 08/06/2009 à 22:54
4. jocelyne ton ancienne élève Le 06/06/2009 à 20:52
1. sylvie voisenetbulleuse Le 01/06/2009 à 12:51